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Une multitude d’industries de toutes tailles présentent des risques liés à leur activité et leurs infrastructures qui peuvent avoir des conséquences plus ou moins graves pour la santé, l’environnement et l’économie de l’entreprise. Le progrès technologique et technique a transformé les activités humaines, entraînant une évolution de la notion de risque et un élargissement du champ d'application de la responsabilité.

Les produits chimiques ont contribué à l’amélioration de la qualité de vie, mais parfois menacent la santé humaine et l'environnement. Ils présentent de nombreux risques durant la production, le transport, le stockage, l'utilisation et l'élimination. La sécurité chimique est devenue l’un des facteurs impliqués dans presque toutes les sphères de la vie vu que les produits chimiques présentent une source de production de déchets dangereux et de la pollution de l'environnement au cours du cycle de vie des produits chimiques.

La gestion des risques permet d’identifier le risque, de l’évaluer, de le traiter en prenant des mesures pour réduire la probabilité qu’il se produise et son impact, de contrôler l’application des mesures employées et de mettre en place des procédures en cas de réalisation du risque. La gestion se réalise également avant la mise en place d’un nouveau projet, d’une nouvelle installation ou de nouveaux procédés.

Face aux risques liés à la pollution industrielles et aux produits chimiques dangereux, et afin de prévenir et de réduire ce type de risques, le Ministère de l’environnement et les organismes sous sa tutelle ont mis en place un ensemble de mesures, d’actions et de programmes basés sur les aspects suivants :

  • La prévention des risques
  • L’amélioration et le développement du cadre règlementaire
  • L’établissement et la mise en œuvre des stratégies de du plans d’action spécifiques
  • La caractérisation et l’évaluation des risques
  • La dépollution et la réduction des rejets
  • Le contrôle et le monitoring
  • L’assistance technique et financière.

Mise en sécurité du site de l’ancienne unité d’électrolyse à mercure la société tunisienne de cellulose et de pâte à papier alfa

Introduction

La création de la Société Nationale de Cellulose et de Papier Alfa (SNCPA) remonte à l’année 1959 alors que la Tunisie venait d’accéder à son indépendance. Ce fût un choix stratégique pour le développement d’un premier noyau d’industrie lourde pour renforcer l’économie du Pays, de contribuer à la subsistance des ménages, mais surtout à transformer sur le site l’Alfa des hautes steppes qui avait été jusqu’à cette date, exporté vers l’Occident. Entrée en production en 1962. Elle se situait aux confins Ouest de la ville de Kasserine, en rebord Sud de la route de Kasserine à Feriana, mais elle est désormais entourée par des bâtiments résidentiels et administratifs en extension à la périphérie de la cité.

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Notez dans ce contexte, les routes nationale n°17 et régionale n°182, la faille bordière Sud du fossé d’effondrement de Kasserine, le site de la SNCPA et sa conduite de rejet, l’oued Andlou accueillant ces rejets, la plaine d’El Gsarnia et la situation de la nappe de sous-écoulement d’El Arich, le réseau hydrographique : oueds Andlou Ed Darb et El Htab, qui conduit vers la plaine de Sidi Bouzid plus à l’Est

Dans cette partie des hauts plateaux (700m d’altitude) du centre ouest de la Tunisie, l’usine et la ville avoisinante atterrissent dans un fossé d’effondrement baptisé « fossé d’effondrement de Kasserine » en une sorte de grande vallée orientée E-W. Les roches y varient de calcaires à des sables qui constituent avec le réseau hydrographique de surface, l’un des châteaux d’eau, mais aussi l’un des réservoirs hydriques stratégiques les plus saillants du Pays.

L'Alfa (Stippa tenacissima) est utilisé pour la production de la pâte de papier noble (fibres longues) surtout destinée à l’exportation vers l'Occident, alors que d’autres pâtes sont importées et transformées pour les besoins en papier du marché local. Dans la steppe, l’on dispose d’une étendue de près de 430 000 hectares de « prairies » d'Alfa relevant administrativement des Gouvernorats de Kasserine, de Gafsa, de Sidi Bouzid et de Kairouan. Ces espaces économiquement stratégiques sont mis en défens et exploités pour la fibre de papier alfa.

Origine de la pollution dans le site SNCPA

Néanmoins, le système d’électrolyse à mercure, malgré de multiples précautions, n’est pas sans failles quand on considère l’obligation de purges, d’entretien et de pertes non intentionnelles, sans oublier une certaine nonchalance de l’utilisateur qui ne devrait pas voir dans le mercure en ces temps, un produit prohibé, mais plutôt un métal banal d’usage très courant (amalgames dentaires, différentes spécialités pharmaceutiques, catalyse chimique, lampes électriques et accumulateurs, appareils de mesures de laboratoire, …) et dont les qualités d’antiseptique ont été largement exploitées en médecine (mercurochrome officinal par exemple).

Fatalement, entre 1963 date d’entrée en production de l’UEM et février 1998 quand est tombée la décision d’un abandon dans l’état de l’Unité d’Electrolyse à Mercure de la SNCPA, des études conduites par des prédécesseurs (O’Connor Associates Environmental Inc., 1998 ; AMEC, 2005), soupçonnent :

  • une injection dans le système d’électrolyse, d’une quantité additionnelle d’environ 8 à 12 tonnes de mercure chaque année, pour enrayer les pertes et entretenir la production de l’UEM,
  • et par voie de conséquence une déperdition dans le milieu extérieur, chaque année, d’une quantité pratiquement équivalente de mercure ; le total livré au milieu naturel durant toute la période de fonctionnement de l’Unité d’Electrolyse à Mercure, en est estimé dans la marge 250 à 350 tonnes Hg (O’Connor Associates , 1998 ; AMEC, 2005 ; Direction Technique SNCPA, 2008), et le stock restant actuellement dans l’unité, entre 5 et 8 tonnes de mercure métal (voir courrier de la Direction Technique SNCPA en Annexe)

Ces pertes ont été occasionnées de manières diverses : pertes de mercure dissout dans les produits manufacturés, vaporisation du mercure et entraînement d’aérosols, mais aussi fuites, purges d’entretien et décharges plus ou moins involontaires dans l'environnement.

L’usine est aussi fortement consommatrice d’eau. La consommation moyenne actuelle est de 12000 m3/J qui, par voie de vaporisation et de rétention de l’eau dans le produit (en tout 15%), débouche sur une décharge moyenne de 10.000 m3 d’effluents de la SNCPA qui sont déversés sans aucun traitement, dans un cours d’eau voisin l’oued Andlou, via un caniveau de drainage collecteur. Néanmoins, des quantités de rejets plus importantes (15 à 17000 m3/j) ont été estimés en 1998 dans l’étude de O’connor Associates.

En dehors de la tentative de la SNCPA, d’instauration du traitement dans une STEP aux années 1971-72, aujourd’hui délaissée, les rejets journaliers non traités de la SNCPA ont toujours constitué une décharge de taille dans l’environnement, et semblent avoir contribué à véhiculer du mercure dans l’environnement, surtout avant 1998. L’oued Andlou les recevant, est un diverticule local important du réseau hydrographique ; il constitue avec l’oued Ed Darb incisant la plaine plus au Nord-Ouest, deux affluents importants de l’oued El Htab qui coule de l’Ouest vers l’Est pour alimenter la plaine de Sidi Bouzid, mais aussi des organes de recharge d’une nappe « d’El Arich » de sous-écoulement (underflow) voisine, largement sollicitée pour l’irrigation. Cette nappe logée dans des alluvionnements sableux du Quaternaire est circonscrite entre les cours des deux oueds Andlou et Ed Darb.

L’oued Andlou ayant pu véhiculer du mercure plus ou moins en suspension, emprunte un lit sinueux sur cinq kilomètres avant de déboucher dans l’oued El Htab qui à son tour coule en direction Est en recoupant la route régionale n°182 de Kasserine à Sbeitla.

En récapitulatif, deux centres émissifs de pollution par le mercure peuvent être soupçonnés : .

    • d’un côté, le site de l’UEM lui-même, doit de tout temps être soupçonné comme centre de départ de la contamination au mercure convoyée vers l’oued Andlou via le caniveau de drainage SNCPA, mais qui risque aussi une infiltration en profondeur dans le sous-sol de cette unité;
    • de l’autre, l’oued Andlou, avec ses sédiments de lit, réceptacle et convoyeur de décharge peut constituer surtout en période d’étiage, un organe important de livraison du mercure au milieu extérieur, notamment par un effet de recharge de la nappe de surface.
Projet de mise en sécurité du site de l’ancienne unité de l’électrolyse à la société tunisienne de cellulose et de pâte à papier alfa

Dans le cadre du programme d’actions du Ministère de l’environnement (Direction Générale de la qualité de la Vie) dans le domaine de dépollution et de la réhabilitation des sites potentiellement pollués et après plusieurs compagnes d’investigation et d’analyses le projet de mise en sécurité du site de l’ancienne unité d’électrolyse à mercure à la société tunisienne de cellulose et de pâte à papier alfa a été réalisé en 2019 avec un cout de 2.9 millions de dinar.

Le projet a visé la réduction des risques dus à la pollution par le mercure dans le site de l’ancienne unité de l’électrolyse. Et la contribution, à la protection de la santé des populations et de l’environnement exposés à ces produits toxiques;

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Présentation générale de l’unité d’électrolyse à mercure
  • Le site de la SNCPA est situé à Kasserine, ville distante de 270 km au sud-ouest de Tunis.
  • C’est une unité de production de pâte et du papier ALFA, entrée en production en 1962, et le projet de mise en sécurité et d’aménagement concerne une ancienne unité d’électrolyse à mercure, en arrêt depuis 1998.
  • Les produits chimiques servant pour la cuisson de la plante d’alfa et son blanchiment en 03 stades CEH sont fournis à partir de l’unité d’électrolyse à mercure(UEM) qui actuellement en arrêt..
  • De 1998 à ce jour, ces produits chimiques sont fournis par l’électrolyse à membranes.
  • L’électrolyse à mercure (UEM) est le procédé le plus ancien, datant de la fin du dix-neuvième siècle, permettant la production de la soude liquide, de l’hydrogène gazeux, et du chlore gazeux.
  • En plus des produits fabriqués par l’électrolyse, les besoins de l’usine de pâte d’alfa, nécessitent une transformation d’une partie des produits primaires de l’électrolyse en acide chlorhydrique, hypochlorite de calcium et chlore liquide.
  • L’Unité d’Electrolyse à Mercure (UEM) se situe pratiquement au centre du complexe industriel de la SNCPA, sur une parcelle de terrain de l’ordre de 3910m².
  • Elle comporte un bâtiment abritant les cellules d’électrolyse à mercure et les décomposeurs (cuves de stockage de l’amalgame de Sodium HgNa) et les auxiliaires à la production (magasin de stockage du sel de sodium, réservoirs pour stockage des solutions saumâtres, réservoirs du chlore, de l’hydrogène, de l’hypochlorite de calcium, de l’acide chlorhydrique,…),
Consistance des travaux

Les travaux sont répartis en trois lots. La consistance de ces travaux est détaillée ci-dessous :

  • Mise en sécurité de l’infrastructure UEM
  • Aménagement de la zone UEM
  • Déblaiement, conditionnement et stockage de déchets
Photos prises dans le site avant les travaux :
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Photos prises encours des travaux de dépollution
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Photos prises à la réception des travaux :
Etat actuel de l’UEM démantelée
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Etude pour la mise en œuvre d’un programme intégré de dépollution du bassin versant d’oued majrda

I. Contexte, Situation géographique et délimitation de la zone d’étude

Le Ministère de l'Environnement/Direction Générale de l’Environnement & de la Qualité de la Vie a réalisé de cette étude cett étude qui concerne le bassin versant de l’Oued Majerda, compris entre 8° et 10°E de longitude et 35° et 37°N de latitude. Cette étude concerne l’ensemble du bassin versant d’oued Majerda et ses affluents localisé sur le territoire Tunisien. Le BV global de l’oued Majerda dans le territoire Tunisien est subdivisé en 6 sous bassins (ordre 2) : Haute Vallée de Majerda, basse vallée de Majerda, Mallègue, Tessa, Siliana et Khalled. Administrativement, le BV englobe principalement 6 gouvernorats : Jendouba, le Kef, Siliana, Béja, Manouba, Ariana, et partiellement 2 autres gouvernorats : Kasserine et Bizerte. Il couvre 52 délégations appartenant à huit gouvernorats dans le Nord du pays, en plus des délégations de Thala, Hidra et Djedliane du gouvernorat de Kasserine.

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II.Inventaire des activités économiques et des sources de pollutions et caractérisation de la charge polluante

les sources de pollution ont été classées par type d’activité ou par origine comme suit :

Sources de pollution urbaine, comprenant :
  • Les eaux usées urbaines, qui sont de plusieurs types :
    • Eaux usées brutes concentrées en un point de rejet (réseau d’assainissement sans STEP)
    • Eaux usées traitées concentrées en un point de rejet (STEP)
    • Eaux usées brutes diffuses (absence de réseau d’assainissement et de STEP)
  • Les déchets solides ménagers ou assimilés ou autres, et la source considérée est généralement un dépotoir sauvage
Sources de pollution industrielle et agro-industrielle :
  • Sites de rejet d’eaux usées industrielles provenant d’une unité industrielle ou agro-industrielle
  • Sites de stockage de rejets hydriques (bassins de margines)
  • Sites de stockage de déchets solides dangereux et non dangereux

Cet inventaire est finalisé dans une base des données alpha numérique et cartographique, sur acces et arcgis.

D’après cet inventaire préliminaire, sont rejetés chaque année dans le BV de la Majerda environ :

  • 37 Millions de m3/an d’eau usée urbaines et industrielles, les rejets urbains représentants 87%. 51,3% de ces rejets sont sous forme ponctuels (dans les cours d’eau), et 48,3% sous forme diffuse (sols et nappes)
  • 60 000 Tonnes/an de DCO urbaines et industrielles, dont 63% est d’origine agro-industrielles. 70% de cette charge est deversée sous forme ponctuelle (dans les cours d’eau), et 30% sous forme diffuse (sols et nappes)
  • 21 600 Tonnes/an de DBO5 urbaines et industrielles, dont 54,5% est d’origine agro-industrielles. 65% de cette charge est deversée sous forme ponctuelle (dans les cours d’eau), et 35% sous forme diffuse (sols et nappes)
  • 17 400 Tonnes/an de MES urbaines et industrielles, dont 47,5% est d’origine agro-industrielle. 59% de cette charge est deversée sous forme ponctuelle (dans les cours d’eau), et 41% sous forme diffuse (sols et nappes)
  • Des quantités importantes d’engrais et pesticides chimiques provenant essentiellement de l’activité agricole
  • Des quantités de minéraux, dont des métaux lourds, provenant des stocks de refus et bassins des mines abandonnées
Sources de pollution liées au secteur industriel

Unités industrielles

Liste des industries par activité et SBV

  SBV    
Basse Vallée Haute Vallée Mallegue Siliana Tessa Khalled Total %
IAA 51 29 9 10 6 8 113 55,9%
IC 13 7 20 9,9%
ITH 4 2 4 2 12 5,9%
IMCCV 6 7 1 1 15 7,4%
IEE 3 4 7 3,5%
ICC 11 1 1 13 6,4%
IMM 11 1 12 5,9%
IP 1 1 1 3 1,5%
Autres 3 2 1 1 7 3,5%
S/Total 103 53 10 18 6 12 202 100,0%
% 51,0% 26,2% 5,0% 8,9% 3,0% 5,9% 100,0%  

 

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Mines et déchets miniers

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Margines

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Sources de pollution liées au secteur agricole
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Sources de pollution liées au secteur urbain

Les rejets hydriques des stations d’épuration :

  • Le nombre des stations d’épurations des eaux usées domestiques au niveau du bassin versant de la Majerda est égal à 19 dont 1 est programmée (STEP oued Zarga – 2018). Elles sont réparties dans les six gouvernorats est comme suit : 5 STEP au gouvernorat de Béja, 3 STEP à El KEF, 3 STEP à Siliana, 4 STEP à Jendouba, 3 STEP à Manouba et 1 STEP à Ariana.
  • 14 STEP et points de rejet sont localisées au niveau de 12 nappes phréatiques : Siliana Aval, Bouarada, plaine de Kef, Kalaa Khasba, Plaine de Sers, moyenne vallée Majerda Vallée, oued Ghrib, plaine de Gharidimaou, basse vallée Majerda Vallée, Oued Charfrou, Bled Ghenima et Teboursouk. On note aussi, l’absence des nappes phréatique au niveau de 5 STEP et leurs points de rejet.
  • Tous les STEP ainsi que leurs points de rejet sont soit situées à l’aval, soit éloignées des ouvrages de stockage des eaux de surface (Barrages, barrages collinaires et lacs collinaires).

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o Les zones non assainies (avec puits perdus)

Dans les déléguations pourvues de STEP, le nombre des puits perdus est égal à 3329. Il est maximal à Jérissa, où le taux de branchement au réseau ONAS n’est que de 75%, et à Mornaguia, où ce taux est de 90%.

Nombre des puits perdus au niveau des zones avec STEP.

Nom de la STEP Taux de la population non raccordement (%) Nombre de population non branchée Nombre des puits perdus
1 STEP Béja 2 1131 226
2 STEP Medjez El Bab 2 476 95
3 STEP Testour 4 555 111
4 STEP Téboursouk 1 123 25
5 STEP rurale Oued Zarga (programmée) 100 477 955
6 STEP Siliana 2 442 88
7 STEP Gaafour 3 318 64
8 STEP Bouarada 3 411 82
9 STEP El Kef 2 531 106
10 STEP Jerissa 25 2557 511
11 STEP Sers 2 241 48
12 STEP Jendouba 2 262 52
13 STEP Boussalem 2 303 61
14 STEP Fernana
15 STEP Ghardimaou 2 413 83
16 STEP Jedaida
17 STEP Tébourba 2 595 119
18 STEP Mornaguia 10 2141 428
19 STEP Kalaat Landalous 5 1370 274
Total 16645 3329
Les rejets directs des zones dépourvues des stations d’épuration :

Les STEP du bassin versant de la Majerda sont réparties sur 6 gouvernorats et 18 délégations. Or, ce bassin versant couvre 52 délégations appartenant à huit gouvernorats. Donc, 34 délégations sont dépourvues de STEP. Le tableau et la figure ci-dessous présentent les gouvernorats, les délégations non assainies et sous bassins versants avec STEP. Sur les 52 deleguations , seules 18 (+1 en cours) sont pourvues de STEP.

Les STEP existantes par gouvernorats, délégations et sous bassins versants

Gouvernorats Délégations Bassin versant Gouvernorats Délégations Bassin versant
Ariana Sidi thabet Basse vallée Jendouba Jendouba Mallègue
Ariana Nord Jendouba Nord
Raoued Kef Sakiet sidi youssef
Kalâat Andalous Tajerouine
Manouba Tebourba kalaat snan
Borgj El Amri Djerissa
El Mornaguia kalaat khasba
Douar Hicher kef Est
Oued Elil El ksour
Djedaida Kef ouest
Béja Goubellat Dahmani
Nebbeur
Medjez el beb Sers
Siliana Al Aroussa Kasserine Thala
Bargou Djedliane
Béja Testour Hidra
Bizerte Sedjnane Béja Teboursok Siliana
Utique Jendouba Jendouba Nord
Ghar El Meleh Siliana Siliana Nord
Siliana Bou Arada Siliana Sud
Béja Thibar Bv Haute Majerda Gaafour
Jendouba Jendouba Al Aroussa
Ghardimaou Bou Rouis
Fernéna Testour
Sejnane El krib
Jendouba Nord Bargou
Boussalem Makthar
Ain Drahem
kef Nebeur ER Rouhia
Sakiet sidi youssef Bou Arada
Béja Mdjez el beb Béja Goubellat
Amdoun Siliana Gaafour Tessa
Béja Nord Jendouba Boussalem
Béja Sud Jendouba
Testour Béja Thibar
Goubellat Kef Sers
Mdjez el beb El ksour
Kasserine Hidra Nebbeur
Jendouba Boussalem Bv khalled Dahmani
Siliana El krib Kef EST
Béja Thibar Siliana El krib
Teboursouk Jendouba Boussalem
Siliana Gaafour Kef Kef Est
Al Aroussa Béja Teboursok
Makther Siliana Bou Rouis
Béja Testour Siliana Nod
Makthar

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Décharges et dépôts d’ordure

Dans la zone d’étude, il y a 4 décharges contrôlées (Siliana, Béja, Jendouba et Medjez El Bab) et 37 dépôts d’ordure (décharges sauvages). Ces décharge, réalisées depuis plus de 25 ans, sont actuellement en surexploitations et présentent de nombreuses défaillances.

Outre ces décharges contrôlées, on retrouve dans les SBV de nombreux dépotoirs :

  • Tessa : 4 dépôts d’ordure
  • Siliana : 4 dépôts d’ordure
  • Mallègue : 9 dépôts d’ordure
  • Khalled : 4 dépôts d’ordure
  • Basse vallée Majerda : 10 dépôts d’ordure
  • Haute vallée Majerda : 6 dépôts d’ordure

Ce nombre n’est pas exhaustif, et de nombreux dépotoirs créés depuis 2011 n’ont peut-être pas été inventoriés.

Au niveau des nappes phréatiques :

2 décharges contrôlées (Jendouba et Medjez El Beb) et 19 dépôts d’ordure sont implantées au-dessous de 13 nappes phréatiques : Khalaa Kahsba, Touiref, plaine de Gharidimaou, vallée oued Ghrib, Sidi Ismail-Thibar, Moyenne vallée de la Majerda, Basse vallée de la Majerda, Krib, Bou Arada, Goubellat, Bled Ghenima, underflow Haidra et Oued Chafrou.

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III. Diagnostic et caracterisation environnementale actuelle du bv d’oued majerda

1. CAMPAGNE D’ANALYSE COMPLEMENTAIRE

La campagne d’échantillonnage s’est déroulée au mois d’aout 2018, entre le 07/08/2018 et le 17/08/2018. Toutes les stations d’échantillonnages, déterminées à partir de la phase de conception et vérifiées lors de la campagne de reconnaissance, ont été prospectées lors de la campagne d’échantillonnage. Des photographies des différents sites de prélèvement ont été prises au moment de l’échantillonnage.

Les analyses des sols ont été effectuées dans le laboratoire central de la direction des sols, Direction Générale de l’Aménagement et de la Conservation des Terres Agricoles (DGACTA)

La figure ci-dessous indique l’emplacement des différents sites d’échantillonnage (eaux de surface et eaux souterraines).

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2. CARACTERISATION ENVIRONNEMENTALE DES COURS D’EAU DU BV DE LA MAJERDA
Résultats de classification de la qualité des cours d’eau

La classification de l’état de qualité des cours d’eau du BV d’Oued Majerda a fait ressortir :

  • 3 tronçons de cours d’eau sont de mauvaise qualité : ces tronçons sont : L’O. Kasseb, O. Chafrou (partie amont) et O. Béja (partie aval).
  • 9 tronçons (dont 4 appartenant au cours d’eau principal d’Oued Majerda) présentent une qualité d’eau médiocre : Ces cours d’eau sont : O. Majerda (Tronçon Majerda entre confluence avec O. Mallegue et confluence avec O. Kasseb); O. Majerda (Tronçon Majerda entre ville de Medjez el Bab et confluence avec O. Lahmer; O. Majerda (Tronçon Majerda entre Barrage Laroussia et confluence avec O. Chafrou), O. Majerda (Tronçon Majerda aval après sa confluence avec O. Chafrou), O. Ellile en amont du Barrage Bouhertma; O. Ghezala ; O. Béja (partie amont); O. Chafrou (partie aval) et O. Mallegue (tronçon amont barrage Mallegue);
  • Le reste des tronçons, en nombre de 12, présentent une qualité d’eau bonne à moyenne.

Dans ce qui suit, on procède à l’analyse des résultats de la classification de l’état de la qualité des cours d’eau du BV d’Oued Majerda, notamment ceux présentant une qualité d’eau médiocre et mauvaise, et à la relation avec les sources de pollution existantes1.

1 - Oued Majerda

L’Oued Majerda présente une qualité d’eau variable d’amont en aval, avec l’identification de 4 tronçons présentant une qualité d’eau moyenne à médiocre.

    • TM1 : Le tronçon d’Oued Majerda amont (avant la confluence avec Oued Mlize) présente une qualité d’eau moyenne, où quelques valeurs de paramètres de qualité (notamment matières phosphorés) s’écartent parfois des valeurs limites admissibles avec présence de traces de pesticides qui est due au fait que ce tronçon d’Oued Majerda reçoit les eaux de drainage du périmètre irrigué de la région.
    • TM2 : Le tronçon d’Oued Majerda entre la confluence avec O. Mlize et confluence avec O. Mallegue montre une qualité d’eau moyenne où les conditions (paramètres de qualité des eaux) s’écartent parfois des valeurs limites admissibles retenues. On note une absence de contamination bactériologique en aval de la ville de Jendouba.
    • TM3 : Le tronçon d’Oued Majerda entre la confluence avec O. Mallegue et la confluence avec O. Kasseb (en aval de la ville de Bousalem) présente une contamination bactériologique, avec des concentrations en oxygène relativement faible et des fortes teneurs en DCO dépassant souvent les valeurs limites admissibles. Ce tronçon est caractérisé par la présence de traces de pesticides. Ce tronçon reçoit principalement les eaux usées ménagères de la ville de Bousalem, ainsi que les rejets non conforme de la STEP Bousalem et les eaux de drainage des périmètres irrigués de la région.
    • TM4 : Le tronçon d’Oued Majerda, situé entre la confluence avec O. Kasseb et Barrage Sidi Salem, présente une qualité d’eau moyenne, bien qu’il achemine les eaux de qualité médiocre du tronçon TM3 et les eaux de qualité mauvaise d’Oued Kasseb. La qualité d’eau moyenne en amont du Barrage Sidi Salem est expliquée par l’effet des roselières de Bechouk-Mastouta . Ces roselières contribuent à l’épuration des eaux. En effet, ces roselières absorbent les nutriments (azote, phosphore…), participent à l’oxygénation des eaux, favorisent le mélange des eaux et peuvent fixer les métaux lourds.
    • TM5 : Ce tronçon est situé entre la confluence d’Oued Majerda avec O. Siliana et la ville de Slouguia. La qualité des eaux est moyenne, dont les paramètres de qualité, notamment la DCO et les matières azotés et phosphorés, s’écartent parfois de la valeur limite admissible.
    • TM6 : Le tronçon d’Oued Majerda, entre la ville de Medjez el Bab et la confluence avec Oued Lahmer, présente une qualité d’eau médiocre avec des teneurs en DCO, O2 et nutriments (azote et phosphore) qui dépassent souvent les valeurs limites admissibles. Ce tronçon est caractérisé par une contamination bactériologique. Ce tronçon reçoit les eaux usées ménagères de la ville de Medjez el Bab et les eaux résiduaires non traitées de l’usine « SICAME ».
    • TM7 : Le tronçon d’Oued Majerda entre la confluence de Majerda avec Oued Lahmer et le Barrage Laâroussia présente une eau de bonne qualité où les paramètres de qualité dépassent rarement les valeurs limites admissibles retenues. Ceci est dû à l’absence de sources de pollution, notamment urbaines et industrielles le long de ce tronçon.
    • TM8 : Le Tronçon d’Oued Majerda, compris entre Barrage Laâroussia et la confluence avec O. Chafrou, présente une qualité d’eau médiocre. La contamination des eaux de ce tronçon est essentiellement bactériologique, avec une forte pollution organique caractérisée par des fortes teneurs en DCO, en azote Kjeldahl et en éléments phosphorés. Le tronçon est caractérisé, aussi, par la présence de traces de pesticides. Ce tronçon d’Oued Majerda reçoit les eaux usées ménagères des villes de Battan, Tebourba et Jedaida, les rejets non conformes de la STEP Tébourba, mais aussi les eaux de drainage des périmètres irrigués de la zone.
    • TM9 : Le tronçon Oued Majerda aval, après sa confluence avec Oued Chafrou, présente une qualité d’eau médiocre, notamment pour les éléments azotés et phosphorés, ainsi qu’en raison des traces de pesticides.

La qualité des eaux de ce tronçon est influencée principalement par les eaux de drainage des périmètres irrigués de la région.

2- Oued Chafrou

L’Oued Chafrou présente une qualité d’eau mauvaise, avec une accentuation de la pollution dans sa partie amont. Ceci est expliqué par le fait que les sources de pollution sont installées en amont du SBV, et par la dilution de la pollution dans la partie aval de l’Oued.

La partie amont d’Oued Chafrou présente un milieu anoxique (manque d’oxygénation) caractérisé par des fortes charges en DCO et en éléments nutritifs. Ces eaux présentent une contamination bactériologique importante et une pollution très grave en mercure. Cette pollution métallique persiste même dans la partie aval de l’Oued, qui montre des traces de pesticides.

La pollution d’Oued Chafrou est due principalement aux eaux usées ménagères et industrielles des villes de Mornaguia, Borj El Amri et El Fejja et de leurs zones industrielles, ainsi qu’aux eaux de drainages du périmètre irrigué de la région.

3- Oued Béja

L’Oued Béja présente une qualité d’eau très dégradée, notamment dans sa partie aval (en aval de la ville de Béja).

L’Oued Béja est caractérisé par des faibles teneurs en O2, et de très fortes charges en DCO, dépassant généralement les limites admissibles. Ces eaux montrent une contamination bactériologique importante, ainsi qu’une pollution par les éléments azotés et phosphorés.

Cette pollution de l’Oued Béja est expliquée par le fait qu’il reçoit les eaux usées ménagères de la ville de Béja, les rejets non conforme de la STEP de Béja, de l’abattoir municipal de la ville et les rejets des eaux usées industrielles, notamment des activités agroalimentaires.

4- Oued Kasseb

La qualité des eaux de l’Oued Kasseb est mauvaise. Cet Oued est soumis à une pollution organique caractérisée par une très forte demande chimique en oxygène, un appauvrissement en oxygène et des concentrations élevées en éléments phosphorés, qui dépassent généralement les valeurs limites admissibles.

Cette dégradation de la qualité des eaux de l’Oued Kasseb est liée principalement aux rejets des eaux résiduaires de la laiterie « LAINO » et de la « Cie Fromage ».

5- Oued Bouhertma

La qualité des eaux de l’Oued Bouhertma varie d’amont (amont Barrage Bouhertma) en aval :

La qualité des eaux d’Oued Ellil (affluent rive gauche de l’Oued Bouhertma) est médiocre. Cette dégradation des eaux est principalement bactériologique, est due aux eaux usées ménagères de la ville de Béni M’tir.

L’Oued Ghezala (affluent rive droite de l’Oued Bouhertma) présente une qualité des eaux médiocre, avec une forte charge bactériologique, des teneurs faibles en O2 et la présence de traces de pesticides.

Cette contamination des eaux d’Oued Ghezala est due aux eaux usées ménagères de la ville de Fernana, des rejets non conformes de la STEP Fernana, mais aussi des eaux de drainage des périmètres irrigués de la région.

Malgré l’absence de source de pollution dans la partie aval de l’Oued Bouhertma, ce tronçon présente une qualité moyenne, due aux teneurs élevées notamment en phosphore.

Le tronçon d’Oued Bouhertma traverse les périmètres irrigués de la région de Bousalem.

6- Oued Mlize

La qualité des eaux d’Oued Mlize est moyenne, notamment par les matières azotées et phosphorées. Ceci est dû essentiellement à l’activité agricole de la région.

7- Oued Zargua

L’Oued Zargua ne présente pas des sources de pollution, toutefois la qualité des eaux est considérée moyenne. Cette dégradation est due aux teneurs élevées en phosphores, dépassant généralement les valeurs limites admissibles. Ceci est lié aux activités agricoles de la région.

8- Oued Mallègue

Le cours d’eau d’Oued Mallègue présente une qualité d’eau qui varie entre la partie amont (amont Barrage Mallegue) et la partie aval.

Le tronçon amont est de qualité médiocre. Cette dégradation de la qualité est due principalement aux valeurs très élevées en Escherichia Coli, qui traduisent une contamination bactériologique importante de ce tronçon.

Cette contamination bactériologique semble très logique, sachant que ce tronçon reçoit les eaux usées ménagères de plusieurs localités et villes du SBV, notamment les villes de Tajerouine, Djerissa, Kalaa Khasba, Thala, Haidra, Sakiyet Sidi Youssef, le Kef, ainsi que les rejets non conformes de la STEP du Kef.

Le tronçon aval d’Oued Mallegue présente une qualité d’eau moyenne, caractérisée par des teneurs élevées en matières phosphorées qui dépassent parfois les valeurs limites admissibles.

9- Oued Tessa

L’Oued Tessa présente une eau de bonne qualité dans sa partie amont (jusqu’à l’amont de la ville de Sers) alors que la qualité d’eau dans la partie aval est moyenne.

10- Oued Siliana

Le tronçon d’Oued Siliana en amont du Barrage Siliana est de bonne qualité, sans dépassement des valeurs limites admissibles pour la majorité des paramètres de qualité des eaux, y compris de point de vue bactériologique.

La partie aval d’Oued Siliana présente une qualité des eaux moyenne, avec des paramètres de qualité (DCO et phosphores) qui dépassent parfois les valeurs limites admissibles.

11- Oued Khalled

Au niveau de l’Oued Khalled, la qualité d’eau est moyenne. L’Oued Khalled reçoit les eaux usées ménagères de la ville de Teboursouk.

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5. CARACTERISATION DE L’ETAT DES BARRAGES

L’analyse des eaux des différents barrages du BV de la Majerda montre que :

  • Les eaux des barrages ne présentent pas un problème d’oxygénation, les concentrations d’O2 relevées sont toujours supérieures à 6 mg/l.
  • Les teneurs en DBO5 sont faibles dans tous les barrages et varient entre 2,1 mg/l dans barrage Mallegue et 3,9 dans barrage Lakhmess.
  • Les eaux des barrages du BV de la Majerda présentent des teneurs variables en résidu sec. En effet :
    • Les barrages Lakhmess et Bouhertma montrent des concentrations moyennes en résidu sec qui sont faibles, de l’ordre de 0,5 et 0,4 g/l, respectivement ;
    • Le barrage de Siliana présente une concentration moyenne de 1,2 g/l, alors qu’au niveau de barrage Sidi Salem, la salinité moyenne est de 1,7 g/l ;
    • La salinité la plus élevée est enregistrée au niveau du barrage Mallegue, avec une concentration moyenne de 2,2 g/l.
  • La valeur du pH des eaux des barrages est toujours comprise entre 6 et 9.
  • Les barrages de Lakhmess et de Bouhertma sont de bonne qualité pour les paramètres chimiques (cations et anions). Alors que :
    • Le barrage Sidi Salem présente un enrichissement en éléments chlorures et sulfates ;
    • Le barrage Mallegue montre une élévation des teneurs en calcium, chlorures et sulfates.
  • Les teneurs en nutriments (azote et phosphore totale) sont faibles dans tous les barrages. Les concentrations moyennes sont comprises entre 0,7 et 1 mg/l pour l’azote, et entre 0,1 et 0,2 mg/l pour le phosphore.
  • Les concentrations en chlorophylle a sont faibles dans les différents barrages et varient entre 2,5 µg/l dans les eaux du Barrage Siliana et 11,2 µg/l dans les eaux du barrage Bouhertma.
6. CARACTERISATION ENVIRONNEMENTALE DES EAUX SOUTERRAINES

La caractérisation environnementale des eaux souterraines du bassin versant d’Oued Majerda consiste à déterminer l’état de pollution des nappes polluées par 1) l’analyse et la comparaison des différents résultats de la campagne d’échantillonnage aux valeurs limites admissibles des eaux souterraines et 2) la détermination des nappes phréatiques les plus vulnérables à la pollution :

6-1 : l’analyse et la comparaison des différents résultats de la campagne d’échantillonnage aux valeurs limites admissibles des eaux souterraines :

  • La campagne d’analyse des eaux souterraines du BV de la Majerda a été réalisée dans les zones des nappes phréatiques soupçonnées d’être polluées.
  • Les résultats des analyses des eaux, dans les différents puits d’échantillonnage, ont montré que :
    • La pollution diffuse, notamment par les nitrates, constitue la principale source de pollution des nappes phréatiques. En effet, les résultats montrent que l’altération nitrate est le paramètre majeur qui contribue à la dégradation de la qualité des nappes phréatiques. 63 % (12 sur 19 stations) des stations sont altérées par l’élément nitrate. Cette pollution généralisée par les nitrates est d’origine diffuse agricole, et elle est due à l’intensification de l’utilisation des intrants dans les pratiques agricoles.
    • Les nappes phréatiques sous-jacentes des périmètres irrigués présentent des fortes salinités. Au niveau de la nappe de la Basse Vallée, la teneur en résidu sec atteint 6,6 g/l. Cette nappe est sous-jacente du périmètre irrigué d’Essabala-Borj Touil.
    • Les nappes phréatiques du BV d’Oued Majerda ne présentent pas une contamination par les pesticides. Les concentrations des différentes substances des pesticides sont inférieures à la valeur limite admissible (0,1 µg/l).
  • Les nappes de la Plaine de Zouarine et de Sidi Bourouiss présentent une contamination bactériologique importante. Ceci est dû principalement aux rejets des eaux usées ménagères :
    • La nappe de Sidi Bourouiss reçoit les eaux usées ménagères de la ville de Sidi Bourouiss, qui est dépourvue d’un réseau d’assainissement.
    • La nappe de Plaine de Zouarine reçoit les eaux usées ménagères de la ville de Dahmani (dépourvue de STEP), mais aussi d’autres localités comme Zouarine.
    • Les nappes de Kalaa Khasba, Bled Abida, Plaine de Zouarine et Plaine de Sers sont caractérisées par des teneurs relativement élevées en fluorures. Ceci est probablement dû à la dissolution des couches géologiques de ces nappes aquifères.
    • Les nappes du BV d’Oued Majerda ne présentent pas une pollution par les métaux lourds. Les deux stations Z11 de la nappe Plaine de Ghardimaou et Z16 de la nappe Bled Abida, dépassent légèrement la valeur seuil de qualité des eaux souterraines pour l’élément fer.

6-2 : Etat de vulnérabilité des eaux souterraines :

Les résultats de la classification montrent que :

  • La moitié des nappes présentent une vulnérabilité moyenne ;
  • 12 nappes ont une vulnérabilité forte ;
  • Les nappes de Bled Ghnima, Oued Chafrou et Basse Vallée présentent une vulnérabilité très forte.

L’étude de la vulnérabilité des nappes phréatiques a permis de conclure que :

  • La vulnérabilité des eaux souterraines du BV d’Oued Majerda est due essentiellement à la dégradation de la qualité de ces nappes, et à l’importance de la pratique agricole exercée sur les surfaces de ces nappes ;
  • La plupart des nappes phréatiques ne sont pas conformes avec les valeurs seuils relatives à la qualité des eaux souterraines pour l’élément nitrate. Ces nappes présentent des teneurs en nitrates supérieures à 50 mg/l ;
  • La surexploitation des nappes phréatiques présente un facteur important contribuant à l’accentuation de la vulnérabilité de ces masses d’eau souterraines.

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7. CARACTERISATION ENVIRONNEMENTALE DES SOLS DU BV DE LA MAJERDA

7.1 Sites d’échantillonnage

Le réseau d’échantillonnage des sols comprend 70 stations réparties comme suit :

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7-2- interprétation des résultats d’analyse

L’interprétation des résultats d’analyse des sols montre que :

  • L’interprétation des résultats d’analyse des sols montre que :
    • La totalité des échantillons de sols montrent un pH neutre à peu alcalin. Les valeurs de pH varient entre 6,8 et 8,2. Les stations ZS20 (située sur la nappe de Bouarada), SSD23 (O. Siliana Testour), SSG4 (O. Serrath) et SSG14 (O.M Bousalem) présentent les teneurs en pH les plus élevées.
    • La majorité des stations montrent un sol non salin à légèrement salin, avec des valeurs de conductivités inférieures à 4 mS/cm. Toutefois, trois échantillons des sols ont montré des valeurs de conductivité très élevées. Ces échantillons correspondent aux stations Medjez el Beb (41,9 mS/cm), Pont de Bizerte (13,7 mS/cm) et Bousalem (20,3 mS/cm). Ces stations sont installées dans les zones de périmètres irrigués.
  • En ce qui concerne la pollution des sols par les métaux, la comparaison des analyses avec les valeurs limites des sols montre que :
    • La totalité des stations présentent des valeurs assez inférieures aux valeurs seuils de caractérisation et même inférieures aux valeurs de référence pour les éléments chrome et cuivre.
    • Toutes les stations ne présentent pas une pollution par l’élément plomb.
    • Pour le zinc, une seule station (située sur la rive droite d’O. Kasseb, tout près d’un rejet d’ordures ménagères) présente une valeur de 336 mg/kg et dépasse donc les valeurs d’intervention. Le sol est considéré pollué, nécessitant une dépollution.
    • Aucune station n’a dépassé les valeurs d’intervention pour l’élément cadmium. Toutefois la majorité des stations (surtout celles situées dans des terrains agricoles) présentent des concentrations supérieures à la valeur seuil de caractérisation. La station SSD15 présente une valeur en cadmium (8,3 mg/kg) très proche de la valeur d’intervention.
    • En conclusion, on peut déduire que les sols prospectés du BV d’Oued Majerda ne présentent pas un problème de salinité. La majorité des échantillons de sols sont non salins (voir légèrement salin) à l’exception de quelques stations installées dans des zones de périmètres irriguées.
    • Les sols du BV d’Oued Majerda ne présentent pas une pollution par les métaux lourds. Toutefois ces sols sont considérées légèrement pollués par le cadmium nécessitant ainsi une analyse complémentaire. Les teneurs en cadmium proviennent principalement de l’utilisation des fertilisants phosphatés dans les pratiques agricoles.
8. CARACTERISATION DES ECOSYSTEMES ET DE LA BIODIVERSITE DANS LE BV D’OUED MAJERDA

Le Tableau ci-dessous résume l’état général des écosystèmes et de la biodiversité du BV d’Oued Majerda et leur vulnérabilité vis-à-vis de la pollution et de la pression humaine.

Tableau résumant l'état général des écosystèmes et de leur vulnérabilité vis-à-vis de la pollution et de la pression humaine

Type d’écosystème État Actuel Vulnérabilité vis-à-vis de la pollution Vulnérabilité vis-à-vis de la pression humaine
1 Écosystèmes forestiers Relativement en bon état Faible Très élevée
2 Matorrals et écosystèmes de dégradation Souvent très pâturés avec arrachage des espèces ligneuses Faible Très élevée
3 Ripisylves Très bien développé Faible Élevée
4 Flore et végétation des zones des cultures Très dégradée Faible Très élevée
5 Végétation des dépressions hydro-halomorphes Très bon état, notamment la roselière de Bechouk et Taref Élevée Élevée
6 Écosystèmes dulçaquicoles Dégradés (selon les analyses chimiques que nous avons réalisées) Très élevée Très élevée

L’étude de la vulnérabilité des écosystèmes du BV d’Oued Majerda montre que la totalité des écosystèmes présentent une vulnérabilité élevée à très élevée vis-à-vis de la pression humaine. Toutefois :

  • L’écosystème ‘végétation des dépressions hydro-halomorphes’ présente une vulnérabilité élevée vis-à-vis de la pollution ;
  • L’écosystème dulçaquicole de la Majerda présente un état dégradé et il est très vulnérable à la pollution.

La carte suivante présente l’emplacement des écosystèmes les plus vulnérables le long du cours d’eau de la Majerda. Il y a environ 11 points noirs, situés tous au niveau des agglomérations urbaines riveraines.

Dans ces zones, l’Oued Majerda est devenu un véritable dépotoir des ordures ménagères attestant d’une pollution physique importante.

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9. IDENTIFICATION DES ZONES PRIORITAIRES ET ACTIONS DE REHABILITATION

9.1. Eaux de surface

Il s’agit de :

  • Oued Chafrou, notamment dans sa partie amont ;
  • Oued Béja (y compris Oued el Bessim) ;
  • Oued Kasseb ;
  • O. Majerda sur 4 tronçons :
    • Tronçon Majerda entre sa confluence avec O. Mallegue et confluence avec O. Kasseb ;
    • Tronçon Majerda entre Medjez el Bab et confluence avec O. Lahmer ;
    • Tronçon Majerda entre Barrage Laâroussia et confluence O. Chafrou ;
    • Tronçon Majerda aval après sa confluence avec O. Chafrou.
  • O. Mallegue sur le tronçon amont barrage Mallegue ;
  • O. Ghézala ;
  • O. Ellile.

Le tableau suivant résume les cours d’eau prioritaires pour les actions de réhabilitation, avec l’indication de :

  • L’état de qualité de chaque cours d’eau ;
  • Les sources de pollution hiérarchisées selon la nature de la pollution identifiée ;
  • Les actions de réhabilitation envisagées.

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9.2. Eaux Souterraines

La détermination des zones prioritaires pour les actions de réhabilitation des ressources en eaux souterraines sont données par nappe.

Ainsi, les nappes prioritaires sont :

  • Les nappes présentant une classe de vulnérabilité forte à très forte ;
  • Les nappes présentant une pollution par un des paramètres analysés.

Le tableau suivant résume les nappes prioritaires, avec l’indication de :

  • La classe de vulnérabilité de chaque nappe ;
  • La pollution identifiée dans les différentes nappes ;
  • Les sources de pollution hiérarchisées selon la nature de la pollution observée ;
  • Les actions de réhabilitation.

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9.3. Ecosystèmes

Le tableau suivant résume les écosystèmes les plus vulnérables le long du cours d’eau d’Oued Majerda. Ils correspondent à des rejets d’ordures ménagères situés généralement au niveau des grandes agglomérations urbaines.

Localisation des écosystèmes prioritaires le long du cours d'eau d'Oued Majerda.

Écosystèmes les plus vulnérables
1 -Écosystème situé de part et d’autres de la ville de Ghardimaou
2 -Écosystème longeant la ville de Jendouba
3 -Écosystèmes à l’Ouest et à l’Est de la ville de Bousalem
4 -Écosystèmes de part d’autres du pont traversant la ville de Bousalem
5 -Écosystèmes situés à l’embouchure du barrage de Sidi Salem, et plus précisément au niveau de la roselière de bechouk & Taref.
6 -Écosystèmes au niveau de la ville de Testour
7 -Écosystèmes au niveau du pont de Sidi Ismail
8 -Écosystème au niveau de la ville de Medjez El Beb
9 -Écosystème au niveau de la ville de Tebourba
10 -Écosystème au niveau d’El Batane
11 -Écosystème au niveau de Djedaida

Les principales mesures de réhabilitations des écosystèmes et de la biodiversité au sein du BV d’Oued Majerda sont données dans le tableau suivant.

Mesures de protection et de sauvegarde des écosystèmes et de la biodiversité le long d’Oued Majerda.

Type d’écosystème Mesure de protection et de sauvegarde
1 Écosystèmes forestiers -Protection intégrale des zones forestières limitrophes de la Medjerda.
2 Matorrals et écosystèmes de dégradation

-Mise en défense et interdiction du pâturage.

-Action d’amélioration par reboisement par des espèces forestières autochtones.

3 Ripisylves -Protection intégrale des communautés végétales se développant de part et d’autre du lit d’écoulement de la Medjerda.
4 Flore et végétation des zones des cultures -Prévoir une bande sans labour et y procéder au reboisement afin de minimiser l’érosion du sol et le transport de sédiment vers la Medjerda et ses affluents.
5 Végétation des dépressions hydro-halomorphes

-Interdiction de destruction de la roselière.

-limiter les rejets des polluants divers.

-garantir les dépôts de sédiments au sein de ces écosystèmes.

6 Écosystèmes dulçaquicoles

Promulgation d’une loi interdisant tout rejet d’ordures de toute sorte (notamment ménagère).

-Protection intégrale et efficace des berges du lit d’écoulement du fleuve de la Majerda.

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Proposition d'un plan d'action pour la dépollution et la réhabilitation du BV Oued majerda et d'un plan de suivi environnemental

Cette étape est en phase de réalisation. Elle va comprendre les éléments suivants :

  • Proposition des variantes du Programme Global de Dépollution et de Réhabilitation du BVOM.
  • Proposition d’un Programme Global de Dépollution et de Réhabilitation (PGDR) du BVOM.
  • Proposition d’une tranche prioritaire, composée des programmes qui sont en relation avec les zones prioritaires déjà identifiées ci dessus. Ces programmes feront l’objet d’une étude de faisabilité technico-économique détaillée et de l’évaluation succincte de l’impact environnemental.
  • Aspects organisationnels de la mise en œuvre du PGDR
  • Proposition d’un guide d’un Programme de Suivi Environnemental (PSE) du BVOM qui comprend les mesures de suivi environnemental, les indicateurs et les procédures relatives aux méthodes de contrôle de la pollution

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