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Le transfert de technologies

La connaissance et l’accès aux technologies, des facteurs de développement

Pour s’imposer avec succès dans la chaîne de valeur ajoutée planétaire, il est essentiel de pouvoir accéder aux connaissances concernant les exigences des marchés mondialisés et aux technologies respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit, toutefois, que de la première mesure indispensable. Il faut encore que le savoir en question soit adéquatement intégré aux processus des entreprises et matérialisé dans les règles de l’art. Cela implique qu’il parvienne aux décideurs des entreprises et que ceux-ci soient prêts à effectuer les investissements nécessaires à long terme. Le transfert de technologies environnementales se traduit par des optimisations de procédés qui améliorent à la fois la qualité des produits et la productivité, tout en diminuant les atteintes à l’environnement.

Les critères d'un transfert réussi

Un transfert technologique réussi ne se limite pas à la simple transposition d'un composant matériel (hardware : usine, machine, etc.) mais intègre un processus d'appropriation réelle de la technologie [a], et donc une transmission de savoir-faire et de connaissances techniques. Il s'agit en effet de permettre une adoption locale effective de la technologie transférée, ce qui suppose que celle-ci soit adaptée aux conditions locales et que sa pérennité technique, économique et sociale soit assurée. Assistance technique et développement des capacités sont donc des éléments indispensables d'un transfert réussi. De ce point de vue, le MDP peut produire des résultats satisfaisants : comme les crédits d'émissions ne sont accordés qu'a posteriori, le bailleur de fonds qui co-finance un projet inscrit dans ce cadre doit tout mettre en oeuvre pour assurer son succès.

Transferts de technologies : deux cas d'école

Le FEM subventionne dans le cadre du projet chinois " Efficient Industrial Boilers " [b] un programme de développement et de diffusion de chaudières industrielles performantes. L'objectif est de limiter l'augmentation attendue des émissions de CO2 de la Chine, tout en réduisant simultanément les émissions de polluants locaux. Le projet comporte deux phases distinctes : dans un premier temps, les fonds octroyés permettent à neuf industriels locaux de développer de nouvelles chaudières plus performantes sur la base de technologies occidentales ; dans un second temps, l'aide du FEM permet de développer les capacités de production et de commercialisation pour une large diffusion de ces nouvelles chaudières. Le projet repose sur un réel transfert de technologies dont le coût est entièrement pris en charge par le FEM. On peut voir là le résultat d'un rapport de force très favorable à la Chine, enjeu clef de la prévention du risque climat : le processus d'appropriation locale est exemplaire.

Ce type de programme est difficilement imaginable dans le cadre du MDP. En effet, tout apprentissage réussi, paradoxalement, “ épuise ” un gisement de réductions d'émissions : tant qu'une approche technico-économique demeure marginale, elle permet d'obtenir des crédits d'émissions ; par contre, dès qu'elle passe le seuil de l'acceptation par le marché, elle sort du champ de l'application conjointe ou du MDP.