Morcellement

Le morcellement des terres et la fragmentation des paysages désigne toutes les formes de fragmentation physique et écologique des habitats naturels, forestiers et d'écosystèmes associés.

Ce morcellement augmente depuis plusieurs siècles et s'est fortement accru depuis quelques décennies, notamment dans les régions connaissant une forte croissance démographique. En effet, le morcellement d'origine anthropique est devenu l'un des premiers facteurs de dégradation de la biodiversité et de son habitat.

Le morcellement des terres agricoles est une préoccupation majeure des responsables politiques, soucieux du lourd handicap qu'il représente pour la modernisation et la compétitivité de l’agriculture dans la région. Au niveau du Gouvernorat de Siliana, ce problème constitue un véritable facteur de dégradation des terres. Il s’agit aussi de la préoccupation majeure des autorités administratives et techniques régionales.

Selon les règles d’héritage, le partage de l’exploitation familiale (souvent de taille réduite), doit garantir à chaque ayant droit la possibilité du travailler et d’exploiter le morceau (lot) de terre obtenu. Pour pouvoir jouir de cette alternative, le partage entre tous les ayants droits de la propriété se fait le plus souvent dans le sens de la pente. Face au travail et labour unidirectionnel du sol, il en résulte incontestablement un phénomène d’érosion, qui s’aggrave d’année en année, finissant par un abandon total du lot de terrain en question.

Ainsi, tel qu'on peut voir sur la photo suivante, le morcellement pratiqué dans le sens de la pente constitue un facteur très favorable pour l'érosion hydrique. En outre, la pratique de la culture céréalière favorise à elle seule ce phénomène de destruction du sol. Il s'agit donc d'une mauvaise pratique de gestion des terres, qui occasionne un phénomène irréversible. Cette pratique est courante au Gouvernorat de SIliana, en dépit de ses incidences sur le milieu et l'environnement. Des mesures juridiques doivent être prises afin de limiter, voire éliminer ce phénomène très destructif du sol.

 

Le morcellement

Surpâturage

L'espace pastoral s'amenuise suite au surpâturage. La disparition de la couverture végétale laisse donc des surfaces importantes du sol, non protégées et plus exposées aux effets érosifs de l’eau de pluie et du ruissellement.

En zone aride et semi-aride, le surpâturage est un phénomène fréquent, en raison de la faible productivité biologique du milieu. En outre, dans ces zones arides et semi-arides, la pression anthropique forte et ancienne a conduit à la dégradation des parcours sur de très vastes surfaces. Cette dégradation est caractérisée par la perte plus ou moins aggravée de la productivité des écosystèmes pastoraux. Elle est d’autant plus grave qu’elle est marquée par la perte de la diversité biologique.

Sur les espaces plus ou moins détériorés, la surcharge annuelle et l’absence de gestion rationnelle engendrent le surpâturage, dont l’étape ultime est la dégradation totale du couvert végétal. En effet, les services techniques de développement sont confrontés à une double problématique : tenter d’effacer les méfaits de la dégradation, d’une part, et imaginer des modèles de gestion rationnelle d’un espace pastoral dont la structure foncière est diversifiée voire complexe, d’autre part. En conjugaison avec des conditions climatiques précaires, les causes de dégradation des formations pastorales, au niveau du Gouvernorat de Siliana, se traduisent en premier lieu par la perte du couvert végétal, suivi par celle du sol. Ce phénomène est très crucial surtout en cas de pente abrupte. .

Le surpâturage

Mauvais Labourage

Dans les chapitres précédents, nous avons présenté une série de facteurs considérés comme étant une barrière vis-à-vis de la gestion durable des terres au Gouvernorat de Siliana. Parmi ces facteurs, la pratique des céréales par un labour dans le sens de la pente, est le phénomène le plus spectaculaire, qui engendre le plus d’érosion, notamment sur les situations en pente.

Les précipitations déclenchent le processus de l'érosion hydrique tandis que la végétation limite ce processus, ce qui amène à attribuer au climat un effet destructif et à la végétation un effet protecteur. Selon la conduite de ses activités, l'homme intervient d'une manière positive ou négative sur le processus d'érosion hydrique.

La mise en œuvre d’un système de culture sur une parcelle détermine au cours du temps une évolution cyclique des états de surface et de l’occupation du sol. Chaque système de culture implique une répétition d’opérations culturales qui induisent des discontinuités dans l’évolution des propriétés physiques. De par ses actions, l’exploitant peut contribuer à l’accélération ou au contraire au ralentissement de la dégradation superficielle des sols. Les opérations culturales modifient l’état structural du sol, mais les conséquences vis-à-vis des possibilités d’infiltration diffèrent selon les techniques utilisées et leur date de réalisation par rapport aux périodes pluvieuses. En outre, la moindre ondulation topographique crée une accumulation d’eau en une série de points bas où la rupture brutale des billons peut être responsable d’une importante érosion.

Le passage d’engins agricoles dans les parcelles imprime à la surface du sol des traces de roues. Ces traces vont être à l’origine d’une diminution brutale des capacités d’infiltration. Cependant, la diminution de la conductivité hydraulique de la couche compactée a pour effet d’accélérer l’apparition d’un ruissellement ce qui, inversement, augmente les risques d’érosion.

Ainsi, ce sont les moments où le sol est très affiné ou tassé par le passage d’engins en association avec la formation d’une croûte de battance que les risques sont les plus élevés.

On peut considérer que les opérations culturales, en modifiant les caractéristiques physiques du sol qui régissent les processus de ruissellement et de l’érosion, ont un effet érosif instantané. Par la suite, l’état du terrain évolue progressivement à partir de cet état initial sous l’action du climat. Il s’agit donc de repérer les opérations qui induisent les plus grands risques, c’est à dire celles qui augmentent les probabilités de ruissellement, qui favorisent sa concentration et accroissent la fragilité du sol.

Le Labourage dans le sens de la pente

Déboisement

L’écosystème forestier constitue un espace environnemental et récréatif pour la protection des écosystèmes urbains et naturels, contre les catastrophes naturelles (ensablement, inondations, éboulement, etc ....).

En plus de ce rôle crucial, l'écosystème forestier consolide le sol en place et empêche l'érosion hydrique d’apparaître, en particulier dans les situations où la pente est importante. La dégradation des forêts affecte directement le fonctionnement de l’écosystème naturel. Aussi, la gestion durable des terres et la conservation des forêts ne peuvent se dissocier, d’où la nécessité d’une vision intégrale qui essaye de résoudre le problème depuis sa source.

Un intérêt particulier est à accorder à l’engagement des habitants locaux et la communauté des parties prenantes en général. Les changements climatiques paraissent être de façon croissante le responsable principal de nombreuses menaces qui pèsent aujourd’hui sur les forêts des zones arides.

L'ensemble des facteurs défavorables au maintien des écosystèmes forestiers conduisent à :

  • l'érosion hydrique et la perte des terres,
  • l'érosion éolienne la désertification
  • la perte de la biodiversité
  • l'absence de régénération naturelle des écosystèmes
  • la réduction en superficie des espaces générateurs d'emplois
  • la réduction de revenus pour les populations rurales riveraines de la forêt (produits de la forêt, apiculture, etc.)

En dépit des efforts déployés par les responsables et techniciens des services des forêts, on observe par endroits des délits de coupe d'espèces forestières, notamment dans les contrées assez éloignées de la présence humaine fréquente. Ces délits se sont malheureusement accrus ces dernières années.

Ainsi, les endroits déboisés se trouvent exposés aux processus érosifs, et notamment en situation de pentes abruptes. Il s'agit d'une mauvaise pratique de gestion durable des terres, qu'il faut absolument combattre par l'application des dispositions du code forestier.

En outre, il faut absolument veiller au remplacement des arbres coupés. L'action de reboisement doit prendre plus d'ampleur. Il faut développer la pépinière forestière et diversifier les espèces multipliées dans cette pépinière.

Le déboisement et l'arrachage des espèces végétales

L'arrachage

Comme pour les espèces forestières, l'arrachage des espèces végétales et des ligneux bas constitue également une pratique courante sous bio-climat aride et semi-aride.
Par leur système racinaire, les espèces végétales fixent le sol. En situation de pente, ces espèces ne doivent en aucun cas être arrachées et déracinées, faute de quoi, le sol sera exposé à l'effet du ruissellement, ce qui favorise l'érosion puis le ravinement du sol. Cette action est couramment observée au niveau du Gouvernorat de Siliana. Il s'agit d'une mauvaise pratique de gestion durable des terres, qu'il faut absolument éviter.
L'arrachage et éradication des espèces végétales

Défrichement

Il est couramment rapporté que sous bio-climat semi-aride et aride, le défrichement est une action courante, notamment pour la pratique de la céréaliculture. Cette action pourrait être acceptable en zone plate. Par contre, en terrain escarpé, le défrichement de la végétation naturelle en faveur des cultures aurait un effet pervers, dont les conséquences peuvent être énormes.

En effet, sous ce bio-climat, les précipitations annuelles sont très irrégulières et la probabilité d'avoir une année à pluviosité idéale est de 0,2 (Floret & Pontanier 1981). Ceci expose le sol aux processus érosifs, constituant ainsi une mauvaise pratique de gestion durable des terres.

 

Le défrichement généralisé en milieu en pente au niveau du Gouvernorat de Siliana

Constructions anarchiques

Cas des constructions anarchiques

Rappelons que le Gouvernorat de Siliana est réputé par son relief escarpé. Les écoulements d'Oued sont souvent violents, notamment durant la période pluvieuse. Certains paysans, n'étant pas conscients des risques liés à ces écoulements, construisent parfois des logements à proximité de ces lits d'écoulement, nonobstant les risques de débordement des oueds, qui peuvent parfois être très violents vis-vis de l'infrastructure avoisinante. Ainsi, en cas de crues, la violence de l'eau en écoulement peut détruire le lit de l'oued, et déborder pour affecter les constructions et infrastructures locales.

Sur la photo suivante, on remarque l'ampleur de la conséquence du débordement de l’oued Siliana de son lit naturel. Il s'agit d'une mauvaise pratique de gestion durable des terres au niveau du Gouvernorat de Siliana.

Constructions anarchiques